François Mennerat

Un convoi humanitaire britannique destiné aux malheureux bloqués dans la « Jungle » de Calais est intercepté à Douvres à la demande du gouvernement français.

Le motif invoqué (« les services de sécurité français sont acaparés par les matches de l’Euro ») n’est pas acceptable. Pourquoi ne pas inviter la police britannique à les suppléer pour l’occasion ? Ce serait un bon moyen pour le Royaume-Uni de prendre sa part du fardeau pour la France résultant de son refus de voir tous ces gens traverser la Manche. En somme, la collaboration entre polices, dont on nous dit qu’elle suffit à tout résoudre.

À Calais comme à toutes frontières extérieures de l’UE, à quand des services de sécurité et une police européens… heu, fédéraux ? Mais la frontière de la Manche est-elle déjà une frontière extérieure ?

Ce ne sont pas « l’Europe » ou « Bruxelles » qui empêchent la mise en oeuvre d’une politique d’asile et d’immigration équitable mais généreuse : seul le nationalisme protectionniste archaïque, sans intelligence et sans coeur des États membres s’y oppose. Les peuples européens doivent comprendre que s’ils s’enferment dans une forteresse, leur avenir sera entièrement consacré à en rehausser les murs. Finie alors la prospérité, finie la paix. C’est maintenant qu’il faut choisir. La peur de la défaite électorale est mauvaise conseillère.

 

Nous avons besoin de femmes et d’hommes d’État. Pas de politiciens sans vision et sans courage.

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